
Bilan sur l’état sanitaire des érables en Wallonie après cinq années de suivi
Un suivi sanitaire des érables en Wallonie a été mené par l’Observatoire Wallon de la Santé des Forêts de 2021 à 2025 suite aux différents signalements de la maladie de la suie de l’érable. Le dispositif était composé de 5 sites dont 3 contaminés, 1 à risque (proximité d’un foyer) et 1 dégradé mais sans suie. L’objectif était d’évaluer l’évolution de cette maladie et l’état sanitaire global des érables.
L’Observatoire vient de publier son rapport sur leur site internet. Vous pouvez le consulter en cliquant : ICI .
20 arbres par site ont été suivis annuellement. L’état général des érables a été évalué selon la méthode DEPERIS ainsi que par un relevé de symptômes tels que la présence de craquelures sur le tronc, de suie ou de nécroses.
Après 5 ans, une dégradation globale de l’état sanitaire des érables a été constatée, avec une augmentation des arbres dépérissants (classes D-E-F) de 6 à 28 %, dont 10 moribonds ou morts en 2025. Cette dégradation a été particulièrement marquée entre 2022 et 2023, puis semble se stabiliser à partir de 2024, en lien avec une stabilisation du développement des symptômes.
Les symptômes les plus fréquents sont les craquelures et les nécroses, tandis que la suie reste limitée aux sites initialement contaminés. La propagation de la maladie de la suie varie fortement en fonction du site et elle est marquée dans un peuplement avec une forte densité et un inoculum initial élevé. Plus de la moitié des nécroses observées en 2021 ont séché au fil du temps, et certaines craquelures ou nécroses ont disparu au cours de 2024 et 2025. Ces éléments suggèrent une capacité de récupération physiologique et de cicatrisation des érables contribuant à la stabilisation de leur état sanitaire observée depuis 2024.
La dégradation importante de l’état sanitaire des érables et les mortalités observées en 2023, principalement dues à la maladie de la suie de l’érable, sont probablement liées aux conditions climatiques chaudes et sèches de 2022, favorables au développement du champignon mais défavorables à l’érable. À l’inverse, le climat humide de 2024 et les précipitations plutôt normales en 2025 ont freiné la progression de la maladie, permis une récupération partielle des arbres (cicatrisation des nécroses, disparition de certains symptômes) et entraîné l’absence de nouvelles mortalités.
L’état sanitaire des érables apparaît davantage lié aux stress climatiques, en particulier hydriques, qu’aux conditions stationnelles. Les résultats suggèrent que l’avenir de l’érable sycomore en Wallonie n’est pas compromis à court terme, sauf en cas de chaleurs et de sécheresses sévères et répétées. Les recommandations de gestion préconisent une réduction de la densité des peuplements pour améliorer la ventilation, la diversification des essences, ainsi que de favoriser l’érable plane qui serait moins sensible à la maladie de la suie et mieux adapté aux changements climatiques.
Consulter le rapport complet de l’étude en cliquant sur cette phrase
