
Sylviculture du bouleau: retour de formation de Joachim d’Otreppe
Sylviculture du bouleau: retour de formation de Joachim d’Otreppe
Joachim d’Otreppe, de Socofor, a participé à une formation consacrée à la sylviculture du bouleau. Voici ce qu’il en retient et souhaite partager avec les coopérateurs.
Le bouleau s’affirme comme une essence d’avenir. Sa forte adaptabilité climatique, sa régénération naturelle abondante, sa croissance rapide et sa capacité à coloniser les milieux pauvres en font une essence bien positionnée pour l’avenir. Sa présence dans les forêts wallonnes est importante et continue d’augmenter, avec un volume sur pied estimé à environ 3,5 millions de m³.
Le bouleau peut être séché efficacement tout en restant stable, ce qui le rend utilisable en bois d’œuvre comme en lamellé-collé.
Sur le plan mécanique, la formation a mis en avant des propriétés du même ordre de grandeur que celles du hêtre, et donc supérieures à celles du chêne, parfois même légèrement au-dessus du hêtre. Le module d’élasticité (rigidité) atteint 14 983 MPa contre 14 618 MPa pour le hêtre: le bouleau est aussi rigide que le hêtre, voire un peu plus. Le module de rupture (résistance à la flexion) s’élève à 121,6 MPa contre 111,1 MPa pour le hêtre, ce qui le rend plus résistant en flexion. La densité à 12 % d’humidité est de 712 kg/m³ contre 695 kg/m³ pour le hêtre, une densité légèrement supérieure qui explique ces bonnes performances mécaniques.
Plusieurs hypothèses ont été avancées lors de la formation. Un bouleau de qualité, bien géré, peut entrer dans la filière feuillus: cette hypothèse est confirmée. Le bouleau actuel, non géré, pourrait alimenter la filière résineux: cette voie reste possible. Enfin, la largeur des cernes influence peu les propriétés mécaniques, ce sont surtout les défauts du bois qui les déterminent.
Le bouleau est déjà utilisé en lamellé-collé en Autriche, et des recherches sont en cours pour développer du bois lamellé-collé (GLT) en bouleau en Belgique. Il peut être séché, raboté, classé et collé comme les autres feuillus. Il peut ainsi être valorisé en bois d’œuvre, en lamellé-collé structurel, en panneaux techniques, en menuiserie intérieure, en déroulage et en mobilier.
Joachim rappelle enfin le contexte forestier plus large. La forêt belge compte 61,2 millions de m³ de résineux et 55,75 millions de m³ de feuillus. Du côté des résineux, 3 millions de m³ sont récoltés chaque année pour une croissance annuelle de 2,7 millions de m³. Du côté des feuillus, 1,2 million de m³ sont récoltés annuellement pour une croissance de 1,5 million de m³. Ces feuillus se répartissent notamment en 24,45 millions de m³ de chênes, 16,31 millions de m³ de hêtres, 3,56 millions de m³ de bouleaux et 3,34 millions de m³ de frênes, le solde correspondant aux autres essences.
Pour aller plus loin, nous vous recommandons la lecture de : Sylviculture du bouleau – L’essence montante de l’Europe occidentale par Héloïse Dubois, José Layon et Hugues Claessens publié aux éditions Forêt.Nature en 2023.

